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l'anorexie n'aura pas ma peau ! « t’as beau aller à la vitesse que tu veux, t’arriveras jamais à t’échapper. on n’échappe pas à son ombre. » (murakami haruki, le passage de la nuit) classé dans : alimentation , réflexions personnelles — 25 mai, 2019 @ 12:27 finalement, je viens écrire à nouveau. pour dire quoi ? rien de nouveau. mes problèmes ne sont toujours pas réglés. je continue d’avoir une alimentation anarchique. mangeant n’importe quoi, n’importe comment. et me faisant vomir quasiment quotidiennement, voire parfois plusieurs fois par jour. hier par exemple, je l’ai fait à pas moins de quatre reprises, dans un intervalle de temps assez court. a aucun moment je ne prends de plaisir. les aliments en eux-mêmes ne me font même plus plaisir. avant même de commencer à ingérer ces cochonneries, je me vois pliée en deux en train d’expulser tout cela de mon corps. j’essaye de réfléchir à la raison de tout cela. je pense que je cherche à combler un vide, à parer à un manque. mais quel vide ? quel manque ? je ne sais pas. parfois, je me demande si je ne me complais pas dans mon auto-destruction. et si j’essayais de me punir de quelque chose ? mais de quoi ? d’abord de bonne humeur et optimiste aujourd’hui, j’en suis finalement arrivée une fois de plus à me gaver et à me faire vomir en fin de journée et début de soirée (oui, deux fois en peu de temps). maintenant, je me sens triste, presque déprimée. inquiète pour l’avenir aussi. m’étant finalement vidée l’estomac et n’ayant rien mangé depuis, tout ce que j’aurais avalé et conservé en mois aura finalement été une bière. l’alcool, un autre moyen de me détruire. pourtant je ne me sens pas tentée par ce moyen. il faut croire que mes troubles alimentaires et mes scarifications me suffisent. c’est déjà pas mal. c’est déjà trop. je pense à demain, me disant que je vais cesser de m’alimenter. je me sens gonflée, grosse. je voudrais retrouver cette sensation de légèreté. cette impulsion que l’on a lorsque le ventre est vide et que notre énergie provient d’ailleurs. j’ai l’impression que ma part d’ombre se veut de plus en plus pesante. j’ai peur de devenir un jour cette ombre. je crois que le seul à me permettre de tenir, de garder malgré tout certaines limites, même minces, à mes comportements extrêmes, c’est mon homme. a l’heure où j’écris, j’ai envie de me faire mal. de voir du sang couler. si je ne le fais pas, c’est uniquement parce que nous avons prévu de nous voir dans deux jours, et que je ne veux pas qu’il voit ces traces. il n’est pas au courant de tout cela. du moins, pas dans les détails, et surtout il ne sait pas que certaines choses sont toujours d’actualité. je lui en parlerai un jour. je lui donnerai l’adresse de ce blog un jour. mais pas maintenant. je ne suis pas encore prête. tant que je continue à infliger tout cela à mon corps, je suis incapable de lui en parler ouvertement. parce que je ne suis pas fière. parce que j’en ai honte même. et parce que je ne veux pas que cette réalité apparaisse dans son esprit lorsqu’il me regarde. pas de commentaire -- obsessions classé dans : alimentation , sport — 23 avril, 2018 @ 10:01 la dernière fois que j’ai écrit, il y a trois semaines, j’avais arrêté de m’alimenter. a l’heure où j’écris maintenant, je mange encore assez peu (trop peu même, j’en ai conscience), mais paradoxalement plus sainement. entre temps, ce fut l’apocalypse. après avoir cessé de m’alimenter durant une période finalement assez longue du point de vue d’un corps, j’ai reçu la visite de ma mère à grenoble. visite prévue, attendue. attendue impatiemment, mais aussi redoutée. j’avais besoin de la voir, de l’avoir à mes côtés. mais ce qui devait arriver arriva. je me suis remise à manger. trop. trop d’un coup. restaurants, petits-déjeuners copieux, goûters sucrés. j’avais quasiment repris en cinq jours le poids perdu en l’espace de deux semaines. et je me sentais tellement mal. je me sentais grosse, lourde, sale. malgré 53-54kg pour 168cm. cherchez l’erreur. ma mère partie, je me suis précipitée dans un supermarché et diverses boulangeries afin d’acheter de quoi me remplir une dernière fois et vomir, avant de repartir en restriction. restriction que je savais de très courte durée : mon petit ami s’apprêtait lui aussi à venir chez moi pour le week-end. un week-end merveilleux, où nous avons pris plaisir à cuisiner chacun notre tour, pour faire découvrir à l’autre les saveurs de nos pays respectifs (pour rappel, lui est vietnamien, moi française). lui qui s’alimente relativement mal depuis son arrivée en france presque deux ans plus tôt (produits industriels notamment et souvent répétitifs). moi pour qui l’alimentation est un réel problème. a deux, nous avons retrouvé l’envie et la motivation de cuisiner des bonnes choses. comme je l’ai écrit au début de l’article, à l’heure actuelle, et ce depuis une semaine, je mange relativement peu par rapport à ce qu’il faudrait pour entretenir un corps, mais mieux. je suis en train de retrouver l’obsession de la nourriture saine. manger des produits naturels, le moins transformés possible, en réduisant autant que possible le sucre et en privilégiant les protéines végétales plutôt qu’animal (sans pour autant être réellement végétarienne). en parallèle, j’ai aussi retrouvé l’obsession du sport. marcher autant que possible. au moins 11 000 pas par jour. et profiter de mes vacances imminentes dans la maison familiale de picardie pour refaire du vélo et de la natation. des obsessions qui, trop poussées, ne sont pas vraiment bonnes je le sais. d’ailleurs, il y a deux jours, la balance affichait 49,8kg. mais ces obsessions me permettent de me rapprocher d’une vie plus saine. parce que manger un peu trop peu, éliminer des aliments de ses repas, et se maintenir abusivement en activité, tout cela sera toujours mieux que d’alterner les périodes de jeûne et celles de gavage-rejet. et honnêtement, c’est cela qui me convient. il faut encore que j’adapte un peu mieux pour mon de vie, manger un peu plus et de façon plus diversifiée, mais je suis sur la bonne voie pour atteindre un mode de vie qui me convient. un commentaire -- nouveau départ, nouvelle rechute..déchéance d’un être incomplet classé dans : alimentation , réflexions personnelles — 2 avril, 2018 @ 10:34 cela fait maintenant deux mois que j’ai déménagé. j’ai quitté lyon pour m’installer à grenoble, afin de répondre à une opportunité professionnelle (ouverture d’un nouveau glacier à grenoble dont je devais être la directrice adjointe). les premières fois où mon patron m’a posé des questions sur grenoble, durant l’été 2017, je lui ai simplement répondu que ça ne m’intéressait pas, que j’avais bien aimé le peu que j’avais vu de grenoble (j’y étais allée seule en janvier pour découvrir), mais que je ne pensais pas pouvoir y vivre. ville trop petite, dans laquelle je m’ennuierais vite, comme je le disais. et puis petit à petit l’idée a fait son chemin dans mon esprit. couplé avec le fait que j’avais de plus en plus de difficultés à supporter la directrice de mon lieu de travail de l’époque. et j’ai fini par accepter, voyant là un nouveau départ, de nouvelles opportunités. plus le temps passait, et plus j’étais enthousiaste. réellement. et pourtant… l’automne arrive. puis l’hiver. je compte les mois, puis les semaines. appartement trouvé. superbe appartement sur les quais de l’isère, avec vue sur la montagne en sortant. et pourtant… plus l’échéance approche, et plus l’angoisse monte. n’étais-je pas en train de commettre une erreur ? cette question était de plus en plus présente dans ma tête, mais je ne pouvais plus faire marche arrière. bail pour grenoble signé, préavis pour lyon envoyé, déménagement commencé. j’ai passé mes derniers jours dans la capitale des gônes à arpenter la ville, quartier par quartier, pour en garder les images gravées dans ma tête. plus les jours passaient et plus l’angoisse montait. mon coeur se serrait comme jamais. je ne voulais réellement plus partir. 30 janvier 2018. dernière nuit à